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DE L'AUBE A MINUIT-1920-
Film Muet
Réalisation : Karl Heinz MARTIN
Inspiration : D'après une pièce de théâtre de Georg KAISER
Prise de vues : Carl HOFFMANN
Résumé
Acte 1 : un humble caissier, dans une quelconque petite banque allemande, est fasciné par une cliente qui vient de se présenter à son guichet avec un conséquent mandat de perception d'un montant de 10.000 marks émis par un établissement financier italien. Consulté réglementairement par son discipliné employé, le directeur de la banque affirme que l'ordre de paiement présenté est une grossière contrefaçon. Au même moment, un jeune homme, le fils de la cliente, vient d'acheter chez un brocanteur un tableau qu'il demande à faire livrer à son hôtel. Alors que la femme cherche désespérément un garant, quitte à gager l'ensemble de ses bijoux, un bedonnant homme d'affaires vient déposer la rondelette somme de cinq cent mille marks sur le compte de l'Union du Bâtiment. Notre guichetier, qui a cru voir le visage de la Mort dans une mendiante, décide de voler l'argent versé et sur ces pendables entrefaites, quitte subrepticement les locaux de la banque...
Acte 2 : à l'hôtel, le jeune homme et sa mère (la cliente de la banque) admire le tableau livré par le brocanteur, censé représenter la femme en question, allongée dans sa seule nudité. Le caissier s'en vient et demande à cette dernière de fuir avec lui. Pendant ce temps, le directeur de la banque, maintenant au courant de l'important larcin, avise la police qui se lance sur les traces du coupable. En sortant de l'hôtel, le banquier croise à nouveau la mendiante et revoit sur son visage, la mortuaire représentation...
Acte 3 : en fuite sous une cinglante tempête de neige, le caissier se rend finalement dans sa famille où l'attendent mère, épouse et fille (une pianiste effrénée au visage soudain cadavérique), les trois harpies de son ennui et de son malheur, auxquelles il va dire toute sa rancoeur et sa haine, avant de repartir au dehors, juste avant l'irruption au domicile de la police et de son patron, toujours à sa recherche. Alors que sur les ondes, son signalement est diffusé inlassablement, le caissier décide de s'acheter un costume.
Acte 4 : après s'être fait consciencieusement rasé, il déambule maintenant dans les rues nocturnes, se faisant aborder par une fille légère qui elle aussi aura soudainement les repoussants traits de la Mort. Anonymement, il offre 10.000 marks au vainqueur d'une étonnante course cycliste en circuit fermé où les spectateurs de l'événement se trouvent sur des estrades déterminées, compartimentés selon leurs origines et leurs classes sociales. Son errance le conduit dans un bar, puis dans une salle de bal, ouverte sur une chambre d'hôtel dans laquelle il amène une fille nantie d'une curieuse jambe de bois et du fascinant visage de la Mort...
Acte 5 : à nouveau en chemin, il est accosté par un louche individu qui le dirige vers un sordide tripot clandestin, invité à jouer quelques parties de cartes forcément truquées. Alors que la situation dégénère brutalement, il est sauvé d'un tranchant coutelas par une soldate de l'Armée du Salut de passage qui l'entraîne à une réunion de sa congrégation où deux pénitents s'accusent en public des mêmes méfaits et péchés que ceux commis par notre caissier. Convié sur l'estrade, il jette son argent désormais honni dans la foule, pour repartir dans la nuit. Se retrouvant seul avec la soldate (aux traits de la Mort) qui va le trahir, en le dénonçant à la police (sa tête est mise à prix) notre noctambule désespéré choisit de se suicider.
Critique
Critique de Jean-Claude pour Cinéfiches
Note Cinéfiches : 18/20
Longtemps considérée comme perdue, puis retrouvée en partie incomplète, cette étonnante oeuvre-phare de l'expressionnisme allemand, d'une richesse et d'une inventivité magistrales, qui lorgne du coté du cinéma expérimental, reste à tout jamais un chef-d'oeuvre incontournable du 7e Art dépassant, à notre avis, de loin certaines réalisations encensées de ce courant artistique du début du 20e siècle, comme les classiques du genre, tels "Nosferatu le vampire" ou "Le cabinet du docteur Caligari.
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