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LE CORBEAU-1943-
Nationalité : France
Durée : 1h43
Date de sortie en France : 28/09/1943
Scénario : Louis CHAVANCE d'après un fait divers authentique qui s'est déroulé en 1939, à Tulle

Source d'inspiration : Le remake de ce film : LA TREIZIEME LETTRE (1950)
Prise de vues : Nicolas HAYER
Musique : Tony AUBIN
Distributeur : CFDC
Visa d'exp. : 1123
Résumé
Dans une paisible petite ville de province, de nombreux concitoyens reçoivent d'inquiétantes lettres anonymes dénonçant les méfaits et les travers de certains habitants des environs. Le premier d'entre eux, est l'affable docteur Germain, accusé d'avortements, puis d'être l'amant de l'épouse du psychiatre de l'hôpital. Les ravages dénonciateurs et pas forcément calomniateurs de ce mystérieux "corbeau" provoquent une extrême tension dans la cité où chacun est soupçonné.
Critiques et Commentaires
Critique de Jean-Claude pour Cinéfiches
Note Cinéfiches : 15/20
Un classique du cinéma français où le talent de Fresnay est omniprésent !
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Critique/Commentaire
Critiques - Commentaires Public
"Le Corbeau" est un indiscutable chef-d'oeuvre ! Clouzot mettait effectivement en avant la nature de la délation qui s'appliquait fortement sous l'Occupation et crache au visage du spectateur un miroir d'une noirceur hallucinante !Ce qui est sublime dans le film, c'est la mise en scène en tous points remarquable de Clouzot, sachant faire vivre une galerie de personnages douteux en même temps que de raconter en cadrages prodigieux, en ambiances sonores sublimes et en éclairage très habile, une histoire absurde, qui n'exclut cependant pas l'amour sincère.Outre la qualité des dialogues et la justesse des comédiens, le film regorge de séquences d'anthologie (notamment une poursuite mentale d'une religieuse suspecte où le son de la foule devient terrorisant) et propose avec le recul une vision certes pessimiste mais surtout d'une grande lucidité et d'une superbe clairvoyance !Un des meilleurs films français de tous les temps !
Y a-t-il une frontière entre le bien et le mal ? Dans une ampoule lancée manuellement, se balançant de gauche à droite, où est l’ombre, où est la lumière ? Si une main tente de stopper ce mouvement, semblant éternel, une douleur instantanée libère la main de l’ampoule en redonnant vigueur à ce Ying Yang sombre et lumineux.Un climat particulier déclenche haines et dénonciations collectives, semant désordres et vengeances, dans un contexte préalablement trop passif. Soudainement activé par un mécanisme invisible, un microcosme épargné implose de l’intérieur, en déroulant inexorablement une implacable théorie des dominos.Considéré comme anti-français, avec un résidu boulevardier, "Le corbeau" est avant tout un laboratoire expérimental contenant dans son noyau une machine nauséabonde, suspicieuse et délatrice, prête à l’emploi.Le polar sert une fois de plus de cache-misère à un cinéma ayant momentanément perdu, dans un contexte particulier, une liberté d’expression. "Le corbeau", tout en paraissant déconnecté d’un climat historique, imposant œillères et silences, saupoudre quelques messages.L’œuvre est initiatrice, un maître de jeu démontre, par quelques missives bien pendues, la fragilité psychologique de ses concitoyens.Le cinéma françai, en ces années d’occupation, effectue par des scénarii répétitifs, une lessive interne montrant des habitants désemparés, désunis, broyés par un logiciel démoniaque lancé sur un marché déserté rapidement par la résistance et la bravoure."Le corbeau" n’échappe pas à la règle, une bourgade s’autodétruit en refusant la cohésion contre une pestilence initiatique. "Le corbeau" est l'ampoule délivrant la lumière ténébreuse d'âmes inconsistantes.Tous ces esprits, brusquement perturbés, se déchirent au lieu de lutter solidairement contre un appareil destructeur. Il n’en faut pas plus pour établir un état des lieux lâche et dénué d'un esprit de groupe.Le peuple France juge négativement certains de ses comportements en images, ceci par l'intermédiaire de ses propres enfants, voila de la manne pour un occupant n’ayant pas d’appréciation à opérer sur les comportements en interne d’un pays conquis."Le corbeau" possède un esprit auto immolateur, offert à un maître éphémère. Un point de l’hexagone livre un huis clos sordide, une citoyenneté lâche, divisée au premier soubresaut.Le professeur Vorzet explique admirablement l’impossibilité de fractionner ombres et lumières dans une figure décente, préférant favoriser le symbole éternel de l’incertitude, celui-ci devenant une procédure existentielle. Le docteur Rémi Germain entamé se met à douter."Le corbeau" délivre sur une dernière bombe écrite, inachevée, une alchimie associant le mot sentence dans un transfert épiloguant une remise à niveau en commun.Une double main achève l’épidémie. Celle d'un vengeur et d'un repu."La punition est levée"Le cours est terminé.
Bibliographie