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LE JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE-1963-
Nationalité : France
Durée : 1h35
Date de sortie en France : 04/03/1964
Genres : DRAME / SATIRE SOCIALE
Themes
Réalisation : Luis BUNUEL
Assistance à la Réalisation : Pierre LARY et Juan Luis BUNUEL
Inspiration : D'après le roman éponyme de Octave MIRBEAU
Prise de vues : Roger FELLOUS
Production Henri BAUM
Décors : Georges WAKHEVITCH
Distributeur : 20th Century Fox
Visa d'exp. : 27516
Résumé
Satire acerbe et féroce d'une bourgeoisie de province engoncée dans des traditions inégalitaires et une baveuse hypocrisie de façade à travers l'histoire édifiante d'une femme de chambre (superbe Jeanne Moreau) entrant au service d'une famille de notables normands vers les années 1930. En effet, la jeune Célestine, nouvellement engagée dans la famille Monteil, servira de catalyseur et de témoin pour dénoncer les tares sous-jacentes d'un milieu que Bunuel exècre véhémentement.
Critiques et Commentaires
Critique de Jean-Claude pour Cinéfiches
Note Cinéfiches : 15/20
Plaisant et méchant !
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Critiques - Commentaires Public
Le site est rude, froid, éloigné de tout. Un tel isolement entretient la querelle de voisins, la haine du Juif et du Bolchevik. Le papillon est tiré au fusil, la parole est brève, chaque composant de l’échelle hiérarchique en impose ou se soumet. Les propositions indécentes fusent dès la troisième phrase, dans un dialogue rudimentaire, se consumant rapidement faute d’intellect. L’aristocrate compte ses balles, pendant que le domestique s’entretient de théories simplistes et sommaires.Le maître de maison, refoulé sexuel, traque la femme de chambre, le vieux pervers se fait faire la lecture en brûlant ses dernières cartouches dans le fantasme de la bottine. La maîtresse de maison enrobée d’une frigidité approuvée par un curé tapeur, arrose au centime près un mari frustré, halluciné par le manque, culbutant n’importe quoi dans la grange, afin d’entretenir une libido devenue presque porcine.Célestine / Marie issue d’un Paris perçu dans un tel vide rural comme débauché, se joue de ces intérêts amoureux, mêlés de dominations, en offrant une fausse soumission calculée, excitant encore davantage les besoins sommaires de nationalistes embusqués ou de vieux cochons cloîtrés.Finalement c’est la femme de chambre qui mène le jeu, en offrant espérances éternelles ou étreintes consentantes à des prétendants bavant de possessions charnelles ou de minables projets."Le journal d’une femme de chambre" délocalise la perversité en gîte rural. Une campagne triste, livrée à elle-même, dominée par le désir bestial et la dérive politicienne, convoite individuellement une soubrette distribuant habilement ses attraits à des rustres compartimentés en fonction de ses désirs.Célestine / Marie allume, choisit l’heureux élu, puis se couche sans rien ressentir.L’horizon du trottoir cherbourgeois presque perceptible, ne semble même pas émouvoir cet esprit tant l’impact de la débauche est latent en prenant l’habit d’un besoin étrangement en harmonie avec cette contrée démunie de lumière intellectuelle.Tout en étant du Mirbeau, c’est presque du Zola devenu bunuelien.