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LA RUE ROUGE-1945-
Nationalité : États-Unis
Titre VO : Scarlet street
Durée : 1h41
Date de sortie en France : 29/01/1947
Genre : DRAME
Affiche du film d'origine suédoise
Réalisation : Fritz LANG
Scénario : Dudley NICHOLS
Inspiration
Prise de vues : Milton KRASNER et John P. FULTON
Musique : Hans J. SALTER
Distributeur : Universal
Visa d'exp. : 4829
Résumé
Un homme marié d'âge mûr s'éprend d'une femme facile qui vit à la colle avec un mauvais garçon. Le prenant pour un peintre célèbre, elle parvient à lui soutirer d'importantes sommes qu'il vole discrètement à son épouse ou à son employeur. Il devient bientôt véritablement possédé par cette créature qui se refuse à lui et conçoit même de se débarrasser de sa femme pour pouvoir l'épouser.
Critiques et Commentaires
Critique de Jean-Claude pour Cinéfiches
Note Cinéfiches : 15/20
Plaisant remake, agrémenté de nombreux éléments psychanalytiques. Une indéniable réussite de Fritz Lang et une interprétation remarquable d'Edward G. Robinson souvent époustouflant.
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Critique/Commentaire
Critiques - Commentaires Public
Tout juste précédé de "Double Indemnity" de Billy Wilder et préparant la venue d'"Angel face" d'Otto Preminger "Scarlet street", remake de "La chienne" de Jean Renoir, respecte son modèle au plus près, dans une étude de cas assez réussie sur la machination et son acceptation de la part d'un personnage médiocre et naïf, perdant toute lucidité devant une créature sublime, mais vénale, masquant à peine ses pôles d’intérêts malhonnêtes, dans un cynisme non perçu par un individu insignifiant, persuadé d'avoir été ciblé rien que pour lui-même. A la différence des physiques plus aboutis de Fred Mac Murray et de Robert Mitchum, Edward G Robinson détient une morphologie ingrate et de petite taille. Un constat devant suffire à un personnage ne répondant pas à des critères d'attirances, à rester conscient, en refusant de valider ce qui ne peut être.Et pourtant il n'en est rien, l'homme, dans un sursaut prétentieux et revanchard plonge, corps et âme dans ce qui va le détruire, en le poussant au crime et à la déchéance, suite à la découverte de son infortune."Scarlet street" restitue parfaitement un mécanisme implacable de destruction, dans un jeu dont les règles fusionnent une perversité à peine voilée, rejetée volontairement ou non par un personnage anodin, aveuglé par sa passion.Ceci répond à un des courants cinématographiques américains de ces années quarante, consistant à montrer la femme autonome ou sous influence, comme une machine de guerre sans pitié, fondant sur une proie représentant l'objectif à atteindre.
Note : 19/20
Ce film, d'une facture irréprochable si l'on excepte la patine sur le dvd (version non restaurée), serait une énième version de "La Chienne" de Renoir. Admettons pour ce qui est des principaux ingrédients. Lang se reconnaît immédiatement, à son ironie venue des tréfonds émaillée de quelques signes laconiques, au choix des acteurs évidemment aussi... L'étau s'ébauche, ce héros à voix douce vanté par son supérieur a vraiment une trop bonne tête ! Le pot de travail en introduction est écourté par la vision éclair d'une créature qui émoustille ces fonctionnaires avant de rentrer au bercail. Voici deux hommes sortant de l'entreprise, dont ce débonnaire caissier qu'une épouse acariâtre tient notoirement en tenaille. Soudain la caméra fonce sur une femme à terre au loin. De plus près, son imperméable bon marché allié à d'autres détails alertent sur ses goûts. Et c'est l'engrenage de l'homme d'office perdu pour avoir cru que "tout ce qui brille, etc."... Le spectateur croyant deviner l'issue n'a pas fini d'être baladé entre la grande bringue et son comparse tout aussi coloré. Bassesses de la chair et argent-roi, le vertige fatal... Cette oeuvre ciselée de 1945 est pur délice en 2012 !