Critique de
JIPI
Quand l'ennui devient une aubade aussi pathétique que symphonique, pas de doute nous sommes bien sur les terres d'un cinéaste errant, hors du commun plus photographe que cinéaste, capable d'embellir d'un mystère profond les moments les plus insignifiants. Une photo instable, éphémère et léthargique, enrobée d'une somptueuse rosée auditive, ressources d'une interrogation ininterrompue sur les êtres, le divin et les choses, sur des terres aérées détenant dans leurs démesures l'absence de toutes réponses. Des mots d'amours ne réconfortant que l'instant où ils sont prononcés, paradoxes d'un nomadisme sans fin locataire à vie des extases les plus profondes. Habitacles de comportements fragiles et incertains, doutes éternels raffermissant l'emprise d'un absence de soi, dans un monde soumis aux épanouissements multiples et superficiels. Un très bel opus poétique, interrogatif et attachant (à condition d'en supporter les nombreux passages figés et décousus) sur le devoir d'établir sa propre définition existentielle universelle, saine et durable, enfin libéré de tout espoir de capter une réponse venant du ciel. Il est plus que temps de venir au monde .