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PARIA-2000-
Nationalité : France
Durée : 2h05
Date de sortie en France : 07/11/2001
Genre : DRAME SOCIAL
Themes
Chômage
- cinéma français -
Quart monde
- cinéma français -
Réalisation : Nicolas KLOTZ
Prise de vues : Hélène LOUVART
Musique : Brad MEHLDAU
Distributeur : Magouric Distribution
Visa d'exp. : 103297
Résumé
L'histoire d'un garçon à peine âgé de dix-huit ans, prénommé Victor, qui se retrouve, par un malheureux enchaînement de circonstances négatives, à la rue, contraint à s'immerger dans le milieu sordide des sans domicile fixe et autres clochards.
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Après deux films très décevants, "La nuit bengali" (1988) et "La nuit sacrée" (1993), Nicolas Klotz a eu envie de se confronter au réel pour s’éloigner du théâtre filmé et se rapprocher plus du cinéma. Paria a été tourné en DV qui permet de coller au plus près des personnages. Loin de l’effet mode, la DV sert ici le sujet. Paria se présente comme un film étrange, aux frontières du documentaire et chargé de l’émotion propre aux belles fictions. Paria s’inspire du travail journalistique de Hubert Prolongeau qui a écrit un livre intitulé Sans domicile fixe. L’expérience de documentariste de Nicolas Klotz a sans doute aussi nourri le projet de Paria. Qui voit le film doit pourtant savoir qu’il ne s’agit ici que de mise en scène et d’histoires imaginaires. Car, même si l’on suit d’abord le personnage de Victor, il s’agit aussi de Momo, de Blaise et des autres. Tout le talent de Klotz a été de ne pas traiter une histoire particulière mais de l’inscrire en regard d’autres destins, avec une générosité accordée à tous. C’est ce qui fait que le film ne tombe pas dans le voyeurisme mais donne l’idée d’une belle aventure de cinéma très humaine. Le sujet devait échapper à tout prix à la compassion ou bien, au contraire, à un point de vue frileux et distant. La DV, le parti pris d’être au plus près du réel, avec peu d’éclairage dans les lieux exigus, donnent cette vérité qui était nécessaire au film. Victor se retrouve avec des hommes et des femmes sans domicile fixe, dans un bus qui les conduit à un centre d‘hébergement dans la banlieue de Paris. On est la nuit du réveillon de l’An 2000. Tout s’est vite enchaîné lorsque deux jours plus tôt, on lui a volé son scooter de livreur et qu’il a été expulsé de chez lui. Il a aussi rencontré son premier amour alors que Momo, un jeune sans abri, tchatcheur charmant et Don Juan de ces dames, lui a présenté des filles pour faire la fête. Entre coups de gueule et confidences, ils deviennent copains d’un soir, unis dans la même souffrance du manque du père, témoins de la misère physique et morale qui règne dans le centre d’hébergement, confrontés ensemble à la mort et à l‘image de ce que pourrait être leur destin. Victor, c’est Cyril Troley, un jeune garçon qui n’avait jamais fait de cinéma et qui a une justesse de jeu étonnante. Momo, c’est Gérald Thomassin qui nous blouse complètement ; méconnaissable, un vrai titi parisien, un prince de la rue maître des entourloupes qui va marcher dans une combine de mariage blanc absolument irrésistible. Thomassin apporte au film un vrai talent comique. Il est drôle, pathétique aussi, plein de charme et d’inventivité. Au-delà du pur plaisir cinéphilique, la vraie réussite de Paria est que le spectateur, au sortir de la salle, regarde autrement tous ces hommes et ces femmes sans abris, non plus avec la peur ou bien le mépris, mais, du moins avec sympathie, au moins sans indifférence. Comme le déclare Nicolas Klotz dans le dossier de presse : “On voulait essayer de comprendre qui étaient les gens de ce monde là. Que voulaient dire les chiffres des statistiques qu’on nous balançait à la radio, la télé, etc. comme s’il s’agissait d’une catastrophe naturelle ? Derrière ces chiffres, il y avait bien des hommes, des femmes, des générations. Nous avons vite compris qu’ils n’étaient pas des fantômes venus d’une autre planète. Ils étaient bien là, en l’an 2000, avec une force et une énergie de vie incroyables. Tous ces hommes écrasés, niés par la barbarie d’un système - qu’il s’appelle capitalisme ou totalitarisme - résistent dans leur malheur qu’ils portent comme des géants. [...] Et chaque jour ils doivent inventer leur quotidien au milieu d’une richesse obscène qui déborde derrière les vitrines, qui envahit les rues de millions de voiture. [...] Nous avons essayé de filmer l’humanité, la sensibilité, la vie, contre l’indifférence, contre le massacre organisé.” (Son site : Ecrivain de votre vie)
Bibliographie