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LES NOCES REBELLES-2008-
Nationalité : États-Unis
Titre VO : Revolutionary road
Durée : 2h00
Date de sortie en France : 21/01/2009
Réalisation : Sam MENDES
Scénario : Justin HAYTHE
Inspiration : D'après le roman La fenêtre panoramique de Richard YATES
Prise de vues : Roger DEAKINS
Musique : Thomas NEWMAN et Edward KEAN
Distributeur : Paramount Pictures France
Visa d'exp. : 122095
Résumé
Radiographie du couple Frank et April Wheeler, dans les années 50, de la lente détérioration de leurs relations,
à travers la banalité et l'inconsistance du quotidien.
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"En ne voulant pas être ce que l’on est, on finit par l’être sans s’en apercevoir." Un couple laminé par un système de procédures liées à des compartiments domestiques et professionnels, uniquement alimentaires, privées de sensations et de décisions personnelles, se détruit par l’intermédiaire de deux nouvelles entités révoltées en internes, construites parallèlement à des positionnements socialement corrects satisfaisants. L’absence d’une véritable personnalité mène au clash deux époux devenus névrosés, diabolisés, presque bestiaux, suite à une rage de vivre inassouvie. Le couple Wheeler, constamment rattrapé par son quotidien, se débat dans une monotonie indélébile, s’effaçant uniquement le temps d’un rêve, d’ailleurs uniquement verbal. La belle maison, la grosse voiture, le relationnel courtois et le costume cravate acquis dans la normalisation, empêchent toutes pensées folles. Les corps s’éteignent lentement. Les visages deviennent ternes. Le manque d’expédients et de sensualité manquent atrocement. Ils se restaurent rapidement, presque sans émois, dans des chambres tristes ou des voitures transformées en jouissance rapide et passagère. La ménagère, en sanglots, voit dans les reflets d’une eau savonneuse, la récurrence à long terme d’une triste vie, uniquement basée sur la soumission, envers un processus inlassablement répété. "Les noces rebelles", oeuvre intemporelle, sur la peur de ne pas exister, à l’aide de véritables valeurs incompatibles avec une existence conditionnée et surtout ordonnée suite à l’intégration dans un système privant les esprits d’être maîtres de leurs destins, est une œuvre remarquable et pathétique, surtout dans sa seconde partie. Cet opus sensible et destructeur, au look soixante-huitard avant l'heure, dénonce un socialement correct mesquin et hypocrite, masquant l’insoutenable finalité de penser que l’on est venu au monde pour rien, uniquement récupéré par une pensée de groupe, donnant lieu à une production thématique lourde, durable, sectaire et laborieuse, loin de terres enchantées ou l’on désire être soi-même. Une œuvre poignante, sur la conquête la plus noble qui soit, celle d’individus enfin épanouis par la liberté d’entreprendre et de réussir des challenges, pour lesquels ils sont faits.
Note : 18/20
Surprise du titre français (un rien moralisateur ?) par rapport au titre original "A revolutionary road"... Satire impitoyable du couple embarqué dans le conformisme familial, ce "tue-l'amour" progressif des êtres à fort idéal affectif. Les années cinquante, et même soixante (1961, sortie du livre ayant inspiré ce film) constituent la période d'éclosion de ce sacro-saint modèle de société : difficile, dans les fifties, d'essayer de s'en extraire : père nourricier libre de ses fredaines, poids moral sur l'épouse, et surtout poids encore plus lourd sur la mère : ça s'est arrangé depuis ! Le film dessine bien le piège tendu d'avance et beaucoup moins l'usure de gens "pas assez forts", nécessitant un psy (!) pour s'accommoder de la médiocrité. Des moments exceptionnels : ce cinéaste détient l'art de tout déballer, de traquer l'hypocrisie mais toujours avec élégance (biais de ce détraqué en visite avec papa et maman)... Jubilatoire pour les célibataires endurcies (coups de gueules qui retournent les sangs !). Remarquable interprétation des héros dont on attendait la remontée à la surface de l'eau froide du "Titanic" : à peine le temps de se rincer l'oeil : Leonardo di Caprio ici macho en droit fil des traditions mais capable de s'amender, face à une Kate Winslet d'apparence lisse, plante exigeant de toujours pousser pour elle-même, si maîtresse femme dans son refus (elle est pourtant dirigée ici par son mari dans la vie) ! Feutrée plutôt que tapageuse, c'est une oeuvre qui soit replie sur sa sécurité ou réveille comme un défibrillateur !