Sombre, éprouvant, traumatisant, insoutenable. Ces termes représentent la garde-robe de cet opus courageux, indépendant, insubordonné et surtout libre d’étaler toutes ses outrances. Son statut de film culte grandit lentement dans le temps, arrosé par un bouche à oreille d’exaltés en admiration devant ces rouges et ces ocres laminant de l’extérieur une faune psychopathe évoluant entre délires et lucidités dans une luminosité presque absente.Son contexte claustrophobique, mystique et technologique nécessite une parfaite adhésion à toutes ses images criardes, risquant de traumatiser un esprit non sécurisé par quelques mises en garde.L’habitacle est stressant, les comportements complètement démarqués de tout réalisme. Les corps rongés de l’intérieur se révulsent soudainement dans des hurlements à faire pâlir la bête du Gévaudan.Alimenté par certaines gueules de "La cité des enfants perdus", "Dante 01", malgré sa détermination de voler de ses propres ailes, se dirige irrémédiablement, comme attiré vers la finalité de "2001 Odyssée de l’espace".Cette affiliation n’empêche nullement l’œuvre d’être digne, originale, prenante, démarquée, loin d’une production mondiale asservie à la rentabilité des fauteuils.Le récit est difficile, servi brutalement dans toute sa splendeur décalée. Il faut tenir devant ces situations pénibles et surtout ne pas quitter le navire; écœuré par tous ses débordements."Dante 01" mérite hautement une visite qu’il faut juger comme un travail novateur et non comme des images délirantes récupératrices.L’opus a du slip, ça déménage dans un compartiment mêlant paradoxalement une technologie dernier cri à un relationnel presque animal, le tout loin de la civilisation.L’œuvre est dérangeante, crispante, nauséabonde, mais d’un esthétisme royal, capable de capturer à jamais un esprit préparé.